Le mythe confortable de l’occupation

Je suis “Trop Occupé(e)

Spécial Leaders Trop Intenses débordés

C’est la réponse qu’un prospect m’a faite récemment.

Il mène plusieurs activités. Plusieurs business. Plusieurs casquettes.


Il souhaitait organiser un événement et m’y inviter.

Nous évoquions la manière de lui donner une forme concrète.

Sa réponse :

“Je le ferai quand j’aurai le temps.”

Je propose alors une chose simple :
Poser une date à l’avance, pour que les personnes concernées puissent s’organiser.

Réponse immédiate :

« “Les autres ne sont pas aussi occupés que moi.” »
— Un Leader occupé

Je vous laisse imaginer ma tête et la tempête qui s'est déchaînée en moi...

Pas pour l’ego. Pour l’angle mort.


Que savez-vous réellement de ce que traversent les autres ?
Être occupé, ça veut dire quoi exactement ?

  • Avoir plusieurs sociétés ?

  • Élever ses enfants ?

  • Accompagner un parent malade?

  • Avoir plein de salariés ?

  • Faire du sport pour tenir mentalement ?

  • Préserver une heure de silence pour ne pas exploser ?


À vouloir paraître indispensable, on finit parfois par oublier d’être simplement humain.

Cette discussion m'a longuement fait réfléchir à cette notion d'être "trop occupée", et ce que cela dit de nous-mêmes.


Quel est le coût (invisible) de cette charge de travail ?

Tenir trop longtemps sans décider.
Repousser ce qui compte.
Rester dans le flou stratégique sous prétexte d’agenda saturé.

Le coût n’est pas seulement organisationnel.
Il est énergétique.

  • Perte de clarté.

  • Perte de feu intérieur.

  • Décisions reportées.

  • Relations ralenties.

  • Opportunités tièdes.

On en vient à confondre intensité et efficacité.
Et ce n’est pas la même chose.


Ce qui est spécifique chez les leaders atypiques

Tous les dirigeants parlent de gestion du temps.
Mais chez les profils à haute intensité cognitive, le problème est plus subtil.

Ce n’est pas uniquement l’agenda. C’est :

1. Le cerveau F1

Il peut optimiser 12 projets en parallèle.
Il peut aussi créer 12 projets en parallèle.

L’agenda devient une autoroute à 7 voies.
La surcharge n’est pas subie. Elle est parfois auto-construite.


2. La quête de précision

Tant que ce n’est pas parfait, on ne lance pas.
Donc on prépare.
Donc on ajuste.
Donc on attend “le bon moment”.

Le bon moment ne vient jamais. Il se décide.


3. Le syndrome de l’imposteur silencieux

Plus le niveau monte, plus l’exigence interne augmente.
On travaille plus pour “mériter”.


On remplit l’agenda pour faire taire le doute...qui revient toujours.


4. La solitude stratégique

Décider seul fatigue.
Porter la vision fatigue.

Donc on retarde certaines décisions non pas par incapacité…
mais par surcharge décisionnelle invisible.


Et si l’occupation n’était pas un problème…mais un symptôme ?

Deux hypothèses se présentent :

  1. Vous remplissez votre agenda pour éviter quelque chose.

  2. Votre cerveau a réellement optimisé votre système pour tout mener à bien.

Aucune des deux n’est honteuse.

La seule question valable :
Est-ce conscient ?

Le Scan agenda (15min)

Je vous propose un outil de diagnostic facile et rapide à utiliser.

Étape 1 — Photo brute (5 minutes)

Ouvrez votre agenda des 7 prochains jours.

Pour chaque bloc, notez :

  • E = énergie donnée (0 à 5)

  • R = retour stratégique réel (0 à 5)

Pas le chiffre théorique. Le chiffre honnête.


Étape 2 — Diagnostic (5 minutes)

Repérez :

  • Les tâches E élevé / R faible → sur-engagement émotionnel

  • Les tâches E faible / R faible → fuite ou inertie

  • Les tâches E élevé / R élevé → cœur stratégique

Regardez la répartition. Sans jugement.


Étape 3 — Décision immédiate (5 minutes)

Choisissez une seule action parmi ces trois options :

  • Supprimer un engagement inutile.

  • Déplacer une décision repoussée.

  • Poser une date ferme pour un projet important.

Pas réfléchir. Décider.

Une seule action concrète dans les 24 heures.


Étape 4 — Le changement

Une fois la semaine écoulée, demandez-vous ce que ce changement a concrètement changé pour vous ? votre énergie ? votre organisation ?


Pourquoi intégrer l’énergie change tout

Les leaders atypiques peuvent tenir longtemps en apnée.

Le problème n’est pas la quantité d’heures.
C’est la qualité énergétique.

Un agenda optimisé mentalement peut être un désastre physiologique.

L’énergie est un indicateur stratégique.
L’ignorer coûte cher.


Ce mythe n’est pas une obligation

Être occupé ne rend pas important.
Être clair rend puissant.

Votre intensité n’est pas censée vous épuiser.
Elle est censée vous servir.

Si l’exercice révèle un inconfort ou un flou difficile à décoder seul, le débrief peut se faire ensemble.

Pas pour analyser votre agenda à la loupe. Pour analyser votre stratégie intérieure.

Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas :
“Suis-je débordé ?”

Mais :
“Est-ce que ce que je remplis me rapproche réellement de ce que je veux construire ?”


C’est une question beaucoup plus exigeante.

Les leaders "Trop Intenses" ne manquent pas de temps. Ils manquent parfois d’espace.


Je vous souhaite une belle journée pas "trop occupée"



Pour ceux qui n’ont pas le temps de lire

Pourquoi se sentir tout le temps occupé sans avancer ?
La sensation d'occupation permanente sans progression résulte d'une dispersion cognitive : le cerveau traite des micro-décisions en continu sans jamais se concentrer sur les décisions stratégiques. L'occupation devient un refuge contre l'inconfort de hiérarchiser, car elle produit la sensation rassurante d'être indispensable sans exiger de trancher.

Pourquoi les dirigeants n'arrivent-ils pas à déléguer ?
La délégation suppose d'accepter trois renoncements : un travail moins bien exécuté au démarrage, un changement d'identité (passer de "celle qui fait" à "celle qui décide"), et la nécessité de réfléchir à ce qui mérite vraiment son temps. Garder le contrôle est cognitivement plus simple que d'affronter ces trois inconforts.

Quelle est la différence entre être occupé et être efficace ?
L'efficacité se mesure à l'impact stratégique, pas au remplissage du calendrier. Le test : à la fin de la journée, "qu'est-ce que j'ai fait aujourd'hui qui n'aurait pas avancé sans moi spécifiquement ?". Si la réponse est "rien" ou "tout", il s'agit d'occupation, pas d'efficacité.

Quelles sont les causes du burn-out chez les dirigeants ?
Le burn-out des dirigeants vient rarement du volume de travail mais de la dispersion cognitive. Trancher des micro-décisions en continu consomme infiniment plus d'énergie que d'exécuter une tâche claire. La réduction du nombre de décisions quotidiennes est un levier de récupération plus efficace que la réduction des heures travaillées.

Qu'est-ce que je fuis en me rendant si occupé ?

Le remplissage protège quelque chose de précis chez vous. Le Guizz met en lumière le mode de fonctionnement qui vous pousse à saturer votre agenda → Je fais le Guizz

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