Ces “victoires” sans valeur
Valeur, doute, victoire, biais, expérience… c’est un vaste programme qui nous attend !
Hier, j'ai eu un échange avec Marie, une dirigeante dans le service à la personne qui a fait le guizz Pocket Brain et s'est reconnue dans le profil de l'Hyper-Analyste Paralysée.
Entrepreneure, elle a construit quelque chose de concret et de vivant : une entreprise qui grandit, qui recrute, qui forme, et donc transmet.
Elle porte sa vision et son feu — et elle apprend peu à peu comment les traduire pour que les autres les portent avec elle. De l'extérieur, ça ressemble à une réussite.
De l'intérieur, certains jours, elle a envie de tout laisser tomber.
Pas parce que ça ne marche pas. Parce qu'elle se retrouve seule à lutter — contre les doutes de son entourage, et surtout contre les siens propres, ceux qui lui murmurent qu'elle n'est pas vraiment à la hauteur de ce qu'elle a construit.
C'est un 2 contre 1 qui demande beaucoup d'énergie et de bande passante.
Marie est loin d'être "un cas" isolé.
Selon l'étude Square et Ipsos de 2024, 1/3 des dirigeants ressentent une solitude directement liée à leur activité professionnelle, et 88% déclarent être stressés.
Et comme le souligne BPI France, la solitude du dirigeant est à la fois une cause précipitante du burnout et une de ses conséquences — en période de stress, le dirigeant a tendance à s'isoler encore davantage, jusqu'à l'épuisement.
Ce qui est plus rarement dit, c'est que le problème n'est pas toujours le manque de soutien extérieur. C'est aussi — et peut-être surtout — de regarder au mauvais endroit.
Alors, avec Marie, nous n'avons pas parlé de solutions. Nous n'avons pas dressé une liste de ce qu'il faudrait améliorer ou optimiser.
Nous avons regardé ensemble ce qu'elle avait déjà construit.
Les bonnes personnes recrutées au bon moment.
Sa vision qu'elle apprend à traduire en process que d'autres pourront ensuite porter.
Les moments où tout a tangué, où elle aurait pu lâcher — et où elle a tenu quand même.
Des victoires petites et grandes, balayées trop vite parce qu'il y avait toujours la suite, toujours le prochain chantier à lancer ou à suivre.
Marie a prononcé à voix haute ces victoires, une par une. Et quelque chose a peu à peu changé. Marie n'a pas eu une révélation spectaculaire.
Elle a simplement formulé à voix haute une vérité qu'elle portait depuis longtemps, et qu'elle n'avait jamais entendue dans sa propre bouche :
"Par expérience, je sais que je suis capable de…"
C'est ça, le vrai problème de nos cerveaux Trop Intenses en période de doute. Ils sont câblés pour voir exactement ce qui manque, ce qui reste à faire, ce qui pourrait aller mieux — et c'est souvent une force formidable.
Mais quand le doute s'installe, ce même cerveau se retourne contre vous et scanne en priorité tout ce qui semble confirmer que vous n'êtes pas à la hauteur, en occultant méthodiquement tout ce qui prouverait le contraire.
C'est ce fichu biais de confirmation : le mécanisme par lequel notre cerveau recherche, retient et valorise activement les informations qui confirment ce qu'il croit déjà, et minimise ou écarte celles qui pourraient le faire changer d'avis.
Et plus la croyance est ancienne, plus le cerveau est efficace dans son filtre.
Et si la question n'était pas "suis-je capable ?" mais plutôt, "est-ce que je regarde au bon endroit ?"
Et vous — quand avez-vous regardé vos victoires pour la dernière fois ? Petites et grandes.
Pas celles que vous avez listées dans un bilan annuel. Celles du quotidien que vous avez balayées d'un revers de main parce qu'il y avait déjà la suite qui pressait trop.
Tentons quelque chose ensemble !
Prenez 5 minutes.
Notez 3 choses que vous avez réussies ces 6 derniers mois — petites ou grandes, peu importe. Des choses que vous avez minimisées, oubliées ou à peine célébrées.
Ensuite, pour chacune, reformulez-la ainsi : "Par expérience, je sais que j'ai la capacité à…" Et finissez la phrase honnêtement.
Si vous y arrivez, comment est-ce que ça résonne en vous ?
Si vous n'arrivez pas à en trouver trois, c'est probablement que votre cerveau regarde ailleurs. Et c'est exactement là que le travail commence.
C'est ça aussi, Pocket Brain, pas toujours structurer, clarifier, prioriser.
Parfois simplement être là pour qu'on puisse regarder dans la bonne direction — et reprendre confiance et joie en soi et son projet.
Marie est, en ce moment, en mode Hyper-Analyste Paralysée. Et vous ? Vous vous reconnaissez dans ce mode ?
Ce quiz prend 3 minutes. 👉Je fais le guizz
En attendant, je vous souhaite d'avoir la capacité à regarder là où il faut !
Alexia